Voilà.Je les ai quittés.Ces gugussesdu lycée Jean Renoir.... et ca va vous étonnez,mais j'en ai même eu un gros pincement au coeur.
Et voilà la question typique, banale qui à tendance à être considérée comme idiote à cause de sa banalité, mais qui n'est pas si débile que ca, finalement et que beaucoup se posent, y compris nous-même, à la fin d'une telle année, d'une telle expérience : "Alors, qu'est ce que tu en retiens, de ton année ?"
Faire une sorte de bilan. Un résumé serait impossible, et objectivité cette année gachrait toute la beauté de la mosaïque de choses que m'a apporté cette année et ce que j'ai vécu pendant ces 10 mois.
Au début, je me souviens, lorsque je suis arrivée à Munich, dans ma famille d'accueil. J'avais fait 6 heures de route, en kangou(-rouge), avec mon père. J'étais d'une humeur joyeuse. J'étais contente de partir et puis d'arriver ailleurs. Et puis mon père arrêté la voiture.Deux petites filles blondes, pieds nus qui criaeitn et couraient sur le trottoir...On était arrivé.
C'est marrant. Au début, on se dit : "tu te rends compte, dans quelques mois, cette ville, ce quartier te sera familié. Tu auras parcouru les rues 15 milles fois dans tous les sens, tu connaîtras les coins et les recoins par coeur...Ce sera une partie de chez toi..Une partie de toi.
Et maintenant ca y est. cette ville, c''est chez moi, c'est devenu une partie de moi. J'ai vécu à Munich. Dans le sens plein du mot vivre : j'ai été triste, heureuse, mélancolique, nostalgique, hystérique, sereine, joyeuse...Je n'ai pas fait seulement "boulot-dodo" comme beaucoup. Ca, c'est pas vivre.
Enfin bref. J'ai arpenté 15 milles fois ces rues bavaroises, dans tous les sens, à pieds, en bus, en vélo et parfois en voiture. Ca fait drôle, maintenant, de se dire qu'il faut retourner. Pour aller où ? Je veux pas rentrer. Ailleurs, c'est chez moi. Chez moi, c'est toujours ailleurs.
Alors ce que j'ai vécu ici à Munich ?
Des désillusions. Beaucoup. Quant au fait de quitter ses parents, sa famille, son cocon. Je pensais que ça allait êtr super facile, j'étais même impatiente d'en partir..Je pensais que ça allait être libérateur, agréable. Je me suis trompée et je m'en suis bien rendue compte. Mais voilà. J'ai (enfin) réussi à franchir le cap, à couper le cordon avec mes parents. Ca n'a pas été facile mais avec l'aide de beaucoup d'entre vous, que je remercie du fond du coeur pour leur soutien, j'y suis quand même arrivé.
Désillusions quant au lycée. C'est à dire que je m'imaginais l'ambiance de ce lycée autrment que ce qu'elle était et est en réalité. Ca m'a fait drole d'entrer dans un monde apreil. dDes gens avec des fortune immenses et avec, parfois, un esprit assez corrompu par tant de montagnes de fric, même à 16, 17 ou 18 ans...C'est assez fascinant, ce jeu des apparences, ce monde du luxe...On regarde, curieux, histoire de vroi ce que c'est exactement, mais juste en vitrine. Non parce qu'en réalité ça donne pas vraiment envie, cette espèce de facilité, d'immaculée perception liée à l'argent. La devanture masque pas mal de choses qui sont vraiment repoussantes, en réalité.
A Munich, je me suis comprise. En partie du moins. Dans mon tout premier article ( J-3), j'avais écrit : "on part pour se retrouver". C'est vrai, et j'y ai réussi. J'ai trouvé quelques morceaux supplémentaires au puzzle que je suis. En rencontrant des gens, les boursiers tout d'abord, les autres lycéens ensuite, des gens dans des Irisch Pub, dans la rue, dans le Wohnheim, au jardin anglais, les membres de ma famille d'accueil... Ces rencontres m'ont permis m'a propre rencontre. Ouais, en fait, c'est ça. J'ai pas envie de partir. Je déteste les séparations, je les ai toujours détesté d'ailleurs. Mais là, ce qui me fait encore plus peur, c'est de ne jamais pouvoir revoir tous ces gens, que j'ai aimé, d'une façon ou d'une autre, le temps d'une soirée ou plus longtemps... Et que je ne n'oublierai jamais. Un vrai melting pot de rencontres, avec des Allemandes, des Allemands, des Turques, des Albanais, des Américaines, des Marocains, des Cubaines et des Françaises et des Français biensûr. J'aime l'humanité et je veux me fondre en elle et je voudrais qu'elle se fonde en moi.
Mais il faut rentrer. Comme ça, je pourrai de nouveau repartir.
Maintenant, je sais pourquoi j'ai toujours voulu partie, dès l'âge de 13 ans. Je sais pourquoi les exilés et l'exil me fascinent, pourquoi j'aime autant le Viet Nam, je sais pourquoi je ne peux m'empêcher de revenir à chaque endroit où je suis passée, je sais pourquoi je veux apprendre tant de langues étrangères...Je sais ce que je suis, en partie du moins.
Et cette année, ca a été ça : des découvertes, des recherchers en soi-même et sur soi-même et l'accomplissement débutant de ma jeunesse.
Merci à tous. Merci à ceux qui m'ont soutenu d'une manière ou d'une autre, par des coups de téléphones, des lettres, des mails, des textos, des retrouvailles chaleureuses... Oui, merci d'avoir été là comme vous avez pu.
2006-2007 : Un an à Munich, le code, la conduite, le bac, Zellidja, l'entrée en université... Que sai-je encore ??? C'est déjà riche ...